Après la baisse des fonds consacrés à la lutte contre le VIH au niveau international, la chute des dons, les inquiétudes sur la Recherche, le ministère de la santé a-t-il opté pour la « mort de la lutte contre le sida » ?

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 6 AVRIL 2010

À l’heure des transformations du système hospitalier, de la réforme du système de santé avec la création des ARS (Agence régionale de santé) et de la réorganisation de la prise en charge des patients, les politiques publiques de lutte contre le sida sont appelées à subir des réductions drastiques, alors que la Cour des Comptes conseille aux pouvoirs publics de renforcer la prévention et le dépistage du VIH.

Mettant en cause « le ministère de la Santé qui peine à affirmer une stratégie de santé publique autonome », la Cour des Comptes recommandait en février dernier « une politique plus active » pour l’incitation au dépistage et des actions sur les populations où la propagation de l’épidémie est plus forte, comme le faisaient les récents rapports d’expert (Lert-Pialloux, HAS, CNS) qui depuis quelques mois appelaient à des actions ciblées vers les publics plus exposés au VIH (homosexuels masculins, migrants…).

Le directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS) a récemment exposé sa crainte d’une quasi-faillite des moyens, alors que parallèlement le directeur général du Sidaction déclarait, suite aux baisses des dons lors du Sidaction : « aucun ministère ne s’est exprimé ce week-end, ni celui de la Recherche, ni celui de la Santé, ni celui des Affaires étrangères. Personne du gouvernement n’a réagi… C’est assez significatif du peu d’intérêt de ce gouvernement pour la lutte contre le sida. ».

Les associations de lutte contre le sida sonnent l’alerte depuis des années mais les moyens des politiques publiques liées au VIH continuent de baisser. Ainsi, AIDES s’inquiétait le 31 mars d’une certaine « mort de la lutte contre le sida », avec des antennes de l’association de lutte contre le sida qui risquent de voir leur budget sérieusement amputé tandis qu’avec le slogan « Ça fait des années qu’ils protestent et ça ne sert à rien ! », le 22 mars Act up Paris s’interrogeait sur les modes d’action de la lutte contre le sida.

Pourtant les personnes séropositives cumulent souvent précarité, solitude et co-morbidité. Les moyens alloués aux associations qui accompagnent ces personnes, les moyens alloués à la recherche, les moyens alloués à la prévention et au dépistage doivent donc être maintenus et augmentés.

En 2010, le plan national de lutte contre le sida devait annoncer les priorités des publics visés et des actions à mener, mais le plan quadriennal de lutte contre le sida 2009-2012 n’est toujours pas dévoilé en avril 2010. Le ministère n’est pas en mesure aujourd’hui de transmettre son plan d’actions « ciblées » pour les prochaines années.

L’Inter-LGBT exige que la ministre de la santé prenne enfin les mesures qui s’imposent, rassure les associations de lutte contre le sida et les malades et annonce enfin les actions qu’elle compte entreprendre pour lutter efficacement contre le sida ces prochaines années, en y affectant les moyens nécessaires.

Dans la même rubrique