Lutte contre les discriminations LGBT à l’Education nationale :

Les associations devront encore attendre la rentrée 2011 pour de nouvelles mesures

Communiqué de presse du 7 avril 2011

Le rapport sur les discriminations à l’école du mois de septembre 2010, issu des auditions faites par le ministère auprès de plus de cinquante associations, avait énoncé un certain nombre de propositions. Les propositions émises par la DGESCO (division générale de l’enseignement scolaire) étaient des pistes intéressantes même si elles étaient incomplètes : le rapport omettait les questions d’identité de genre ou les discriminations dont peuvent être victimes les personnels et les familles homoparentales.

Après six mois d’attente, l’Inter-LGBT reste interrogative quant aux annonces faîtes par le Ministre de l’Education Nationale qui sont :
- De travailler sur le harcèlement à l’école entre pairs, via la mise en place d’un Conseil scientifique sur les discriminations.
- De travailler sur l’égalité des chances et l’égalité filles-garçons, en confiant à un groupe de scientifiques la publication d’un nouveau rapport.
- De relancer, entre autre, la campagne d’affichage "Ligne Azur"

Si l’Inter-LGBT peut se féliciter de ce dernier point, même si cette diffusion est encore une fois trop tardive, elle dénonce la restriction des champs d’investigation du futur Conseil scientifique, qui de par ses deux missions sur l’égalité des chances et l’égalité filles garçons, exclut de fait les LGBTphobies. Elle s’interroge sur la création de ce nouveau comité d’experts, mettant de fait hors champ les associations nombreuses qui, par leur expérience de terrain dans le champ même de l’éducation, sont porteuses d’une expérience irremplaçable. Enfin, l’Inter-LGBT s’inquiète de voir la lutte contre les discriminations réduite au champ de la sécurité à l’école.

Les propositions existaient dans le rapport de la DGESCO pour lequel l’Inter-LGBT avait été auditionnée. Alors que les attentes étaient fortes au sein du mouvement associatif LGBT, pourquoi ne pas les mettre en œuvre ? Pourquoi repousser encore à la rentrée 2011 l’annonce (éventuelle) de propositions de terrain ?

De même, les questions d’identité de genre et les discriminations dont sont victimes les personnels sont encore une fois totalement ignorées. Une enquête de la Halde* a démontré que, notamment dans la fonction publique, les personnels sont victimes de discriminations dans leur travail. Le ministère de l’éducation nationale pense-t-il donc que ses personnels ne sont pas concernés ?

A trois mois de la prochaine Marche des Fiertés, dont le mot d’ordre en 2008 avait été « Pour une école sans AUCUNE discriminations », et à trois mois de la fin de l’année scolaire, l’Inter-LGBT demande que des mesures fortes, concrètes et à la hauteur des attentes des acteurs de terrain soient enfin prises par le Ministère de l’Education Nationale.

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