Rassemblement devant l’ambassade d’Arménie

L’Inter-LGBT soutient l’appel de l’association AGLA-France à participer à un

Piquet de protestation devant l’ambassade d’Arménie à Paris

à l’angle de l’avenue de Villiers et de la rue Viète

samedi 30 octobre 2004, à 15 heures


Informations diffusées par AGLA-France :

Le 23 septembre 2004, Armen Avetissian, le chef d’OAA (Ordre des Aryens Arméniens) - un groupuscule d’extrême droite, lance dans un interview au journal Haykakan Jamanak une ménace de publier la liste des ministres, députés et hauts fonctionnaires homosexuels.

Le leader des Aryens, connu pour ses déclarations haineuses à l’égard des Kurdes et des Juifs avait annoncé également qu’il dispose des images et des cassettes vidéo sur les présumés hommes politiques homosexuels.

En Arménie la collecte et la divulgation des informations sur la vie privée d’une personne est illégale.

Malgré cela le politicard affirme qu’il tiendra sa parole et continuera de dénoncer d’une manière systématique les gays au pouvoir qu’il qualifie de « résidus de la société ».

« Notre but, ce n’est pas seulement de forcer ces ministres et députés à démissioner, mais aussi de les voir expulsés du pays, » rajoute Avetissian. « Notre nation peut supporter une existence misérable mais elle ne permettra jamais d’être gouvernée par un groupe de pervers sexuels. »

En réaction aux rhétoriques d’Avétissian, la presse arménienne s’est rangée de son côté et s’est investi dans une honteuse campagne de dénigrement des gays, les hommes politiques règlent leurs comptes et s’accusent mutuellement.

Lors d’une séance plénière à l’Assemblée Nationale, le député Hakob Hakobyan a déclaré publiquement que le membre du parlement Mher Shahgeldyan était un homosexuel, disant qu’il pouvait en produire la preuve.

« Il n’y a pas seulement d’homosexuels dans notre branche exécutive, mais aussi des drogués et des ministres qui passent leur temps à jouer dans les casinos, » s’indigne l’ex-candidat aux présidentielles et un des leaders de l’opposition actuelle, Artashes Guéramian qui a utilisé la polémique comme une opportunité pour s’en prendre au gouvernement.

Premier-Ministre Andranig Markarian répond : « Guégamian parle en toute vraisemblance de sa propre expérience. Sinon comment pouvait-t-il savoir qui est joueur et qui est autre chose ? »

Garnik Isagoulian, le conseiller de Sécurité nationale du président Kotcharian, a déclaré si les députés du parlement ou les ministres sont révélés en tant qu’homosexuel : « Ils doivent aussitôt signer leur démission. »

Durant les conférences de presse et dans les interviews, les députés de l’Assemblée Nationale sont tous unanimes quand il s’agissait d’écarter les homosexuels du droit de gouverner ou de légiférer.

« Je suis un peu sceptique concernant le fait qu’Avétissian dispose des photographies et des enregistrements vidéos sur tous les homosexuels, et je ne crois pas qu’il est juste de divulguer ses informations au public, » dit le député Manouk Gasparian. « La chose la plus cohérente serait d’envoyer ces témoignages au Président de la République afin qu’il soit au courant de ce qui se passe au gouvernement et au parlement. »

La députée Emma Khoudabachian ne manquait pas d’inspiration pour condamner les présumés ministres et députés gays. « Après avoir publier les noms de ces parlementaires, il faudra les mettre à reculons sur les ânes, noircir de suie leurs visages et les promener dans leur circonscription électorale pour que ceux qui les ont élus puissent leur cracher au visage, » suggérait-t-elle. « C’est comme ça que nos ancêtres traitaient ceux qui avaient été répudiés par la société. »

Une autre parlementaire, Alvard Petrosyan a déclaré au journal "Aravot", que, en tant que femme « normale », elle avait peur des homosexuels qu’elle considérait comme des "ennemis" de son sexe.

Rouben Haïrapetian, député de l’Assemblée Nationale et homme d’affaires influent, surnommé « Nemetz Roubo », affirme que ce serait un acte de patriotisme si Avétissian publiait cette liste. Selon lui il s’agit d’une « question de sécurité nationale » et qu’il serait « juste » de savoir qui sont ces gens-là.

« Les députés sont si effrayés que lorsqu’ils se croisent à l’Assemblée ils ne s’embrassent pas comme auparavant, » dit le député Galoust Sahakian. « Désormais, ils se serrent seulement la main. »

Post-Scriptum

Voici le texte de l’appel de l’AGLA-France :

AGLA appelle à un piquet de protestation devant l’Ambassade d’Arménie à Paris.

Depuis quelques semaines l’Arménie est prise dans une hystérie homophobe alimentée par la presse et la classe politique locales.

AGLA France (Association des Gays et Lesbiennes Arméniens de France) exige du gouvernement et du Président arménien la condamnation sans appel de la haine des homosexuels et de toute discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Elle demande également au Conseil de l’Europe de faire pression sur l’Arménie afin de contrecarrer la montée de l’homophobie dans ce pays.

Le piquet se tiendra le samedi 30 octobre 2004 à l’angle de l’avenue de Villiers et de la rue Viète.

Ambassade d’Arménie, 9, rue Viète, 75017 Paris

Dans la même rubrique