Élections municipales à Paris : enjeux LGBT+

À la veille des élections, l’Inter-LGBT souhaite rappeler l’importance de l’action municipale pour améliorer le quotidien des personnes lesbiennes, gaies, bies, trans et intersexes. Si elle salue la meilleure prise en compte des publics LGBT+ dans différentes villes et notamment à Paris, elle encourage les électrices et les électeurs à se mobiliser en allant voter pour influer sur une dynamique qui se veut positive.

Edit le jeudi 12/03 à 16h : ajout des réponses de Cédric Villani

Lutte contre les discriminations, sport, santé, sécurité, accès aux droits, périscolaire… nombreux sont les domaines où une municipalité engagée peut faire la différence pour permettre aux personnes LGBT+ de s’épanouir pleinement. C’est pourquoi l’Inter-LGBT a mis à jour son guide d’action à destination des élu·e·s locaux·ales et l’a diffusé, en particulier auprès de l’association des maires de France[1].

En tant qu’inter-associative majoritairement francilienne, et organisatrice de la Marche des Fiertés LGBT+ de Paris Ile-de-France et du Printemps des Assoces à Paris, l’Inter-LGBT s’est particulièrement intéressée aux élections de la capitale. Elle a ainsi co-organisé avec le Centre LGBTQI+ de Paris Île-de-France un débat entre les candidat·e·s (hors extrême droite) et les responsables associatif·ve·s, retransmis en direct sur les réseaux sociaux (et disponible en replay sur Facebook[2]) et visionnée par plus de 8000 personnes. À la suite de ce débat, un questionnaire détaillé a aussi été transmis aux équipes de campagnes, et l’intégralité des réponses est à télécharger sur notre site[3].

L’analyse du bilan de la majorité sortante en ce qui concerne les thématiques LGBT+ est globalement positif, même si un certain nombre de points noirs demeurent. La municipalité a continué et souvent renforcé son soutien aux évènements LGBT+ organisés dans la capitale, a mis en place un observatoire des violences envers les populations LGBT+ permettant de faire un point régulier entre acteurs associatifs, mairie et préfecture. Elle s’est très résolument engagée dans la lutte contre le VIH/sida avec un ambitieux programme Paris sans sida et a déployé des efforts de formation envers certains personnels.

Cependant, l’Inter-LGBT déplore que la mairie n’ait pas appliqué la même pratique de réduction des risques pour soutenir les travailleurs et travailleuses du sexe, dont plusieurs sont récemment décédé·e·s. Le projet d’archives tant attendu n’a toujours pas abouti. Il reste encore trop de personnels non formés, notamment à l’état civil alors qu’ils doivent accueillir régulièrement des personnes trans. Par ailleurs, les associations font face à d’importantes difficultés : alors que leurs missions s’élargissent et que le public à accueillir est de plus en plus nombreux, il leur est difficile de mener concrètement leurs actions faute de locaux et de soutien financier pérenne. Le Centre LGBTQI+ de Paris Île-de-France reste sous dimensionné pour une telle métropole.

L’Inter-LGBT est cependant relativement optimiste pour la prochaine mandature : elle salue le fait que toutes les principales listes aient été présentes pour le débat et que les équipes de David Belliard, Agnès Buzyn, Rachida Dati, Anne Hidalgo, Danielle Simonnet et Cédric Villani aient répondu en détail à notre questionnaire. Les progrès réalisés depuis la dernière élection sont réjouissants, pour toutes les listes interrogées[4], montrant que la nécessité d’agir sur nos sujets est enfin reconnue par tou·te·s.

Les candidat·e·s David Belliard et Danielle Simonnet se distinguent par une très bonne maîtrise des thématiques LGBT+ et notamment leur compréhension du besoin de soutenir les associations pour que les projets soient co-construits avec les bénéficiaires, gage de leur réussite et du respect de notre histoire. Ils et elles sont aussi les plus conscient·e·s de la délégation des missions de service public aux associations sans que les moyens financiers et humains ne leur soient accordés.

Les projets d’Agnès Buzyn et d’Anne Hidalgo sont détaillés et engagés sur de nombreux sujets ; comme la lutte contre le VIH/sida, la prévention des violences, le sport, ou la nécessité d’un lieu à la hauteur des autres grandes capitales pour l’accueil des personnes LGBT+, des associations et des archives. Le projet de la municipalité sortante est néanmoins plus précis, notamment sur le domaine sportif ou pour donner de réelles chances d’adopter aux couples de même sexe. Celui de Cédric Villani est également très complet, avec des propositions originales par exemple pour renforcer la visibilité des évènements LGBT+.

Les programmes de Cédric Villani et de Rachida Dati sont les moins engagé·e·s, même si cette dernière convient de la nécessité d’encourager les associations agissant dans le secteur social ou la santé et de soutenir les grands évènements LGBT+ ainsi que sur la nécessité d’agrandir le Centre LGBTQI+ de Paris Île-de-France. Il est surtout moins favorable aux personnes plus fragiles comme les usager·è·s de drogues ou les réfugié·e·s.

L’inter-LGBT invite donc les électeurs et les électrices parisien-ne-s à se rendre sur son site pour étudier les propositions de chaque liste et les encourage à se mobiliser pour les deux tours des élections municipales. Par ailleurs, elle propose à toute personne intéressée même n’habitant pas Paris de prendre connaissance des réponses des listes parisiennes : cela peut aider à interpeller dès maintenant des candidat·e·s, et après le vote, à œuvrer pour faire avancer les droits LGBT+ et les bonnes dispositions dans un maximum de villes.


Télécharger les réponses des candidat·e·s


[1] Communiqué de presse du 26 janvier 2020 : http://www.inter-lgbt.org/municipales2020/

[2] https://www.facebook.com/InterLGBT/videos/209641193493642/

[3] http://www.inter-lgbt.org/wp-content/uploads/2020/03/REPONSES.municipales.1203.pdf

[4] L’Inter-LGBT n’interroge pas les listes d’extrême droite et/ou fermement opposées à la lutte contre les discriminations