Communiqué de presse : Ne réduisons pas les lesbiennes à la lettre L !
Communiqué de presse du jeudi 23 avril 2026
À l’approche de la journée mondiale de la visibilité lesbienne, qui se tient comme chaque année le 26 avril, l’Inter-LGBT insiste sur la nécessité d’avoir des politiques publiques qui prennent en compte les violences et discriminations spécifiques qui touchent les lesbiennes.
Ces dernières années, l’usage des acronymes LGBTI, LGBTI+, LGBTQIA+… s’est considérablement développé, venant compléter l’usage des termes d’homosexualité et de transidentité et permettant de mettre en avant notre diversité. Néanmoins, malgré l’usage de la lettre L, les spécificités des violences, discriminations et expériences de vies des lesbiennes ne sont toujours pas véritablement prises en compte.
Ainsi, l’analyse du plan de 2023-2026 de la Dilcrah révèle une unique occurrence du terme, et une seule mesure. Le mot de lesbophobie n’est même jamais employé.
Pourtant, et malgré le manque de financements et de soutien pour la recherche les concernant, les quelques données disponibles révèlent que les lesbiennes ont besoin de mesures spécifiques en raison des préjugés et de la double discrimination dont elles sont trop souvent victimes, en tant que femmes et en tant qu’homosexuelles.
À cause de la lesbophobie, les lesbiennes sont en plus mauvaise santé : elles ont santé mentale dégradée avec des risques suicidaires importants1, sont plus touchées par les addictions et par les infections sexuellement transmissibles2. Elles sont victimes de préjugés de la part de professionnel·les de santé, ayant pour conséquence des soins inadaptés et un éloignement des structures de soin.
Les lesbiennes sont également plus exposées aux violences, qu’il s’agisse de violences verbales et physiques dans l’espace public ou de violences intra-familiales. Les violences conjugales sont également présentes, mais sous une forme différente de celles prévalant dans les couples hétérosexuels3. Et là aussi, les préjugés rendent difficiles l’accueil et l’accompagnement des victimes. Celles qui demandent l’asile pour fuir les violences de leur pays sont aussi victimes des idées reçues, encore trop présentes notamment à l’OFPRA et à la Cour Nationale du Droit d’Asile, voire même de propos insultants.
La lesbophobie est également présente au travail, dans le sport, dans l’accès à la parentalité… dans tous les domaines de nos vies. Et pour les lesbiennes qui subissent racisme, antisémitisme, pauvreté, âgisme ou validisme, le cumul des discriminations entraîne des conditions de vie encore plus précaires et difficiles.
L’Inter-LGBT demande donc que pour chaque politique publique mise en place, qu’elle soit locale ou nationale, soit posée la question de la spécificité des femmes lesbiennes afin d’être enfin pleinement prises en compte, à commencer par le prochain plan gouvernemental de lutte contre les LGBTIphobies.
À ce titre, l’Inter-LGBT appelle à la mise en place de mesures concrètes, notamment la production de données dédiées, la formation des professionnel·les concerné·es et le fléchage de financements spécifiques pour les organisations et initiatives lesbiennes, cruellement sous-financées à date.
Dimanche 26 avril, l’Inter-LGBT tiendra un stand à l’Espace des Blancs Manteaux avec les associations lesbiennes et queers et appelle à rejoindre dès 13h30 la marche lesbienne, afrolesbienne, translesbienne, intersectionnelle 2026 du dimanche 26 avril, qui partira de la Place Madeleine Braun en direction de la place de la Bastille à Paris.
- Santé Publique France, Stigmatisation des minorités sexuelles : un déterminant clef de leur état de santé, Bulletin Épidémiologique hebdomadaire, 17 mai 2021 ↩︎
- IREPS et CRIPS Auvergne Rhöne-Alpes, La santé des femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes, octobre 2023 ↩︎
- Tania Lejbowicz, Les écarts de déclaration de violences conjugales entre les femmes lesbiennes, bisexuelles et hétérosexuelles, dans Populations 2002/4, Ined, 2023 ↩︎
