
Samedi 27 juin 2026 à 14h, nous marcherons avant l’échéance décisive de 2027.
A quelques mois de l’élection présidentielle, nous appelons les personnes LGBTQIA+ et leurs allié·es à se mobiliser pour construire un avenir basé sur la solidarité, car nos différences et nos diversités sont sources de progrès.
L’histoire des luttes LGBTQIA+, du PACS à la PMA en passant par les droits des patient·es, nous a démontré que ce sont bien souvent les personnes en marge de la société qui sont à l’origine de grandes avancées pour les droits de toutes et tous. Nous nous souvenons qu’hier nous étions ces exclu·es, et nous savons que certains d’entre nous le sont encore : c’est pourquoi nous nous dressons contre l’extrême droite et son projet de société fondé sur la haine, la désignation de boucs émissaires
et la hiérarchisation des êtres humains.
Fondamentalement, nous sommes les héritières et héritiers de l’idéal républicain, et nous en sommes les gardien·nes. Nous voulons une société dans laquelle les êtres humains naissent et demeurent libres et égaux en droits, indépendamment de leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, mais aussi leur origine, leur mœurs, leur état de santé, leur âge, leur situation de handicap, leur religion, leur opinion politique, leur activité syndicale, leur situation de famille ou toute autre caractéristique qui ne devrait jamais définir notre valeur.
A l’aube de cette nouvelle échéance électorale, nous sommes en colère et cette colère est une force.
Les discours appelant à la haine et à la discrimination d’autrui se multiplient et se banalisent, tant dans les médias que sur les réseaux sociaux et même dans la bouche de responsables politiques. Qu’il s’agisse des personnes trans ou non binaires, des lesbiennes, des gays, des bisexuel·les, mais aussi des personnes juives, musulmanes, racisées, pauvres et ou en situation de handicap, nous refusons cette stigmatisation constante ! Nous ne voulons plus vivre dans la peur des agressions et voir nos lieux de sociabilité ou nos locaux associatifs attaqués par des groupes réactionnaires.
Nous assistons au démantèlement de l’état de droit et des libertés publiques, projet de loi après projet de loi et à la destruction méthodique des barrières qui protègent notre fragile démocratie. Nous constatons le renforcement constant de l’arsenal répressif contre les militants et les militantes pour museler les discours trop critiques et la désobéissance civile. Nous craignons d’en être les prochaines cibles.
Nous voyons les services publics se dégrader depuis des années, de l’hôpital public à l’éducation en passant par l’accès à la justice et l’accès au droit d’asile alors que l’homosexualité est encore criminalisée dans 64 pays sur 193 et punie de mort dans 12 d’entre eux. Nos associations sont en première ligne, à accueillir des publics de plus en plus précaires, trop souvent seules pour assurer des missions de service public d’accès aux droits et à la santé, avec nos bénévoles épuisé·es et sous la menace constante de suppression de nos aides. Nous subissons les remises en cause de l’universalité des droits, du principe de l’inconditionnalité de l’aide qui est à la base de notre engagement aux attaques constantes contre l’Aide Médicale d’État, en passant par le grignotage des droits des personnes trans en particulier étrangères. Et pourtant nous continuons !
Nous voulons une société solidaire, dans laquelle l’accès aux droits fondamentaux et à la dignité est garanti pour les personnes LGBTQIA+ comme pour toutes les personnes.
Une société dans laquelle le droit à bénéficier du meilleur état de santé est effectif grâce à un système de soin solide et accessible à toutes et à tous, adossé à une réelle politique publique de prévention et de réduction des risques. Une société où les personnes intersexes, trans et non binaires peuvent choisir leurs traitements pour mettre leur apparence en conformité avec leur identité de genre. Alors que nous sommes confrontés à un nouvel enjeu de santé publique et communautaire, le « chem-sex », dont la pratique n’est plus limitée aux hommes gays, il est également urgent de se donner les moyens de lutter contre les tabous, l’isolement et de protéger les usager·es de drogues qui appellent les secours.
Une société où tous les âges ont leur place, où les personnes vieillissantes sont vues comme une richesse, et où leur autonomie est respectée, où les enfants et les jeunes sont protégés et peuvent participer à la vie publique et aux décisions qui les concernent, où toutes les familles ont leur place et sont reconnues.
Une société où la mémoire des personnes de nos communautés qui nous ont quittés reste vivante, car nombre d’entre nous sont mort·es, victimes du VIH, de problèmes de santé mentale ou d’addiction, notamment causées par les pressions sociétales, religieuses, ou familiales.
Une société où les libertés associatives sont garanties, où associations et syndicats peuvent mener à bien leurs missions, aider leurs bénéficiaires et prendre des positions publiques sans craindre pour leur budget, car nous avons besoin de leur expertise et de leurs critiques pour progresser. Où les marches des fiertés, les associations et les centres LGBTQIA+ sont soutenus, partout sur le territoire.
Une société dans laquelle la justice bénéfice de véritable moyens financiers et humains pour assurer ses missions avec indépendance, pour protéger le faible autant que le puissant et garantir les droits de chacune et de chacun. Où les personnes LGBTQIA+ ne renoncent plus à faire valoir leurs droits face aux difficultés d’accès à la justice car c’est un des fondements de la démocratie. Où les thérapies de conversions sont bannies, grâce à une Union Européenne qui protège tous ses habitant·es.
Une société dans laquelle plus personne ne fait la promotion d’idées LGBTIphobes, sexistes, racistes, antisémites ou validistes. Où les mouvements réactionnaires ne sont plus financés et où l’on peut vivre ouvertement son orientation sexuelle, son identité et son expression de genre. Car s’inquiéter de l’ensemble de nos communautés c’est aussi lutter contre les préjugés et les intégrismes. Le mariage pour tous n’a pas miraculeusement réglé des siècles de discrimination et de nombreuses personnes LGBTQIA+ subissent au quotidien des violences, des différences de traitements et le jugement des autres, à l’origine du « stress minoritaire ».
Une société où nous sommes solidaires de celles et ceux qui vivent dans des pays où la situation économique, politique ou sociale est plus difficile que la nôtre, car ils et elles ont les mêmes droits que nous, quand bien même ces droits ne sont pas effectifs. Où nous nous souvenons que ce que nous défendons ici, d’autres le paient de leur liberté ou de leur vie,
au Sénégal, aux États-Unis ou en Slovaquie et bien au-delà.
La France, pays des droits humains, doit continuer à être fidèle à ses valeurs et protéger plus que jamais celles et ceux qui sont persécuté·es.
Parce que notre communauté est diverse, et qu’au sein de celle-ci nous savons que les personnes trans, les personnes racisées et les plus précaires portent un poids disproportionné, nous voulons montrer l’exemple de la solidarité. Nous voulons protéger de l’impact des politiques publiques délétères et des discours réactionnaires celles et ceux d’entre nous qui sont les plus vulnérables, les plus exposés à la haine, à la violence et aux discriminations.
En 2027, le choix de société sera brutal et sans ambiguïté. Alors nous appelons toutes les personnes LGBTQIA+ et leurs allié·es : descendez dans la rue le 27 juin, et ne vous arrêtez pas là. Organisez-vous, parlez autour de vous, votez et faites voter. La société solidaire, diverse et fière que nous voulons, personne ne nous la donnera, mais nous devons la réaliser ensemble.
